« Ecce Lex » (Le Pendu)

  • Victor Hugo

  • 50,8 x 34,9 cm
  • [1854]
  • Plume et lavis d’encre brune sur crayon de graphite, encre noire, fusain sur papier vergé
  • MVHP D 0967
  • Maisons de Victor Hugo, Paris / Guernesey

Alors qu’il est en exil à Jersey, Victor Hugo est vivement ému par la condamnation à mort, sur l’île voisine de Guernesey, de John Charles Tapner, contre laquelle il proteste et demande une grâce qu’il n’obtiendra pas : le condamné est exécuté par pendaison le 10 février 1854. Hugo réalise alors quatre dessins représentant  un pendu décharné, à sa potence. Le musée en conserve deux (« Ecce » et « Ecce Lex ») tandis que les autres sont au Musée des Beaux-Arts de Budapest et au Louvre.
« Ecce Lex »
semble avoir revêtu une importance particulière pour Hugo qui l’a toujours accroché près de lui : dans sa chambre de Marine Terrace à Jersey, dans son cabinet de travail sous les combles de Hauteville House, avant la construction du Look out ainsi qu’en témoigne une photographie et dans l’atelier donnant sur le jardin. Après la mort du poète ce dessin fut sans doute accroché dans le billard où il se trouvait encore en 1987, lors de la donation de Hauteville House. Le dessin a été transféré place des Vosges en 1985 pour des raisons de conservation.
Au début de L’Homme qui rit, la rencontre de Gwynplaine avec le pendu reviendra sur ce thème lui donnant un équivalent littéraire en une puissante méditation sur le corps supplicié. Avec « Justitia », où une tête décapitée flotte devant la guillotine, « Ecce Lex » est sans doute le dessin le plus emblématique de l’inlassable combat de Victor Hugo contre la peine de mort.

Auteur de la notice : Gérard Audinet