Barthélémy Terrier

Médecin et républicain, son opposition à Louis-Philippe lui vaut deux condamnations sous la Monarchie de Juillet (1830-1848). En 1848, Barthélémy Terrier est élu représentant du peuple dans sa région et rejoint les rangs de la gauche de l'Assemblée Constituante. Banni de France en même temps que Victor Hugo, dès le coup d’Etat du 2 décembre 1851, il quitte le pays pour la Belgique. Réfugié à Jersey puis à Guernesey, il compte parmi les compagnons d'exil du poète dont il devient le médecin de famille. Il est régulièrement reçu à Hauteville-House, notamment pour l'inauguration de la salle-à-manger en 1857.

Pour le remercier de ses interventions à son chevet ou à celui de sa fille Adèle, Victor Hugo le convie à sa table chaque semaine en 1858. En signe de gratitude le poète lui offre également un volume de son œuvre accompagné de la lettre suivante : 

« Je vous donne ce livre comme à l'un des hommes que j'aime et que j'estime le plus au monde. Dans deux maladies graves, vous avez guéri ma fille et vous m'avez guéri. (…) C'est à l'ami que j'offre ce livre. Je l'offre aussi à l'intègre représentant du peuple qui a défendu la république et au vaillant proscrit qui honore l'exil. (…) Nos deux noms se touchent sur le décret de l'exil; qu'ils se touchent aussi sur ce livre. À vous donc, et du fond du cœur, cher docteur Terrier. »

Crédit photographique : © Maisons de Victor Hugo