Démesvar Delorme

Demesvar Delorme

Journaliste, écrivain et homme politique de la première République Noire indépendante d’Haïti, Démesvar Delorme milite pour que son pays occupe une place importante dans le concert des nations. Sa carrière politique alterne entre responsabilités ministérielles et périodes d’exil où il rejoint l’Europe.

De son côté, Victor Hugo, sensible aux idées abolitionnistes à l’instar de son ami Victor Schœlcher –auteur du décret de l’abolition de l’esclavage dans les possessions françaises (1848)- rédige entre autre en décembre 1859, une lettre ouverte « Aux Etats Unis d’Amérique » dans laquelle il proteste contre la condamnation à mort de l’abolitionniste américain John Brown. Cette prise de position trouve un large écho en Haïti où elle est publiée et acclamée. Victor Hugo devient alors un des porte-paroles de la cause des esclaves noirs sur le continent américain.

Le 28 décembre 1859 il écrit à des journalistes haïtiens qui le remercient de sa prise de position « Citoyens de la République universelle, (…) J’ai fait mon devoir, et je n’ai fait que mon devoir (…) République blanche et république noire sont sœurs, de même que l’homme noir et l’homme blanc sont frères. Il n’y a qu’une humanité, car il n’y a qu’un Dieu. ». C’est fort de cette réputation que le poète reçoit à Hauteville House, Démesvar Delorme, en septembre 1861. Ce dernier est désigné par Victor Hugo comme « l’envoyé de la république noire d’Haïti » et sa visite rendue à Guernesey sur le chemin du retour vers Haïti prend un caractère diplomatique puisqu’Hugo lui confie une lettre adressée au président d’Haïti, Fabre Geffrard.

La bibliothèque de Victor Hugo à Hauteville House conserve un des ouvrages de Démesvar Delorme, dédicacé au poète : « Démocratie et le préjugé de couleur aux Etats-Unis d’Amérique. Les Nationalités américaines et le système Monroe ». 

Crédit photographique : © Archives du CIDIHCA, D.R.