Votre visite avec… Gustave Masson le 1er juillet 1839

Huit jour après avoir reçu la réponse de M. Victor Hugo, je me rendis chez lui : c’était un dimanche. Tu dois comprendre combien je tremblais en posant la main sur le cordon de la sonnette. Une petite bonne vint m’ouvrir. – De la part de qui, me demanda-t-elle ? Je lui donnais ma carte. Une minute plus tard : Faites entrer ! Voici la description du salon. Une très belle et grande pièce, deux fenêtres avec balcon donnant sur la place Royale. Au milieu, un lustre, meubles de la Renaissance. Très beau buste de M. Hugo sur une console. Un dressoir en bois sculpté couvert de curiosité. Entre les deux fenêtres, autre console sur laquelle deux statuettes représentant Ruy Blas et la reine d’Espagne. De vieilles tapisseries servant de tentures. Lorsque j’entrais, auprès d’une fenêtre ouverte et assis à une table, un des fils de M. Hugo, le plus jeune, achevait un thème pour sa pension tout en mangeant des pruneaux. Son père lui indiquait des tournures concurremment avec un jeune homme à moustaches noires, amis de la maison à ce qu’il paraîtrait, qui feuilletait le dictionnaire.Madame Hugo était assise sur un canapé, tenant sur ses genoux une charmante petite fille de huit à neuf ans, tandis qu’une autre, de treize à quatorze peut-être complétait le personnel. Victor Hugo a, je suppose, 45 ans. Petite taille, cheveux très longs, rejetés en arrière.