« La Tourgue en 1835 »

  • Victor Hugo (1802 – 1885)

  • 30,3 x 19,8 cm
  • 1876
  • Plume et lavis d'encre brune sur papier vergé
  • MVHP D 0096
  • Paris, Maison de Victor Hugo

Les dessins de Victor Hugo – à l’exception du grand cycle pour Les Travailleurs de la mer – ne sont que rarement en relation directe avec son œuvre littéraire. « La Tourgue en 1835 » fait partie des dessins réalisés directement comme projet d’illustration ainsi que l’écrivain le note dans ses carnets, à la date du 30 mai 1876 : « J’ai fait pour le 93 illustré le dessin de la Tourgue en ruine ». Ecrit à Guernesey en 1872 et 1873 le roman a paru l’année suivante. Selon son habitude la première publication n’était jamais une édition illustrée, mais celle-ci suivait de peu. Le dessin, gravé par L .F. Méaulle, paraîtra dans l’édition Hugues.
On sait que pour son héros, Hugo a repris le nom de famille de Juliette Drouet, « Gauvain ». Aussi pour le château familial s’inspire-t-il de la tour Mélusine du château de Fougères, ville natale de Juliette, qu’il avait visité et dessiné en juin 1836 (et non 1835 comme voulait le rappeler l’inscription portée sur cette feuille). Ici Hugo mêle le souvenir réaliste de la tour de Fougères et la fiction littéraire, avec la ruine de la galerie incendiée. Le dessin témoigne d’une grande virtuosité technique notamment dans l’utilisation du voile vaporeux d’un fin réseau de dentelle obtenu par la diffusion de l’encre sur le papier mouillé. Cette utilisation de l’aléatoire est d’une grande modernité. « La Tourgue » est sans doute le dernier grand dessin de Victor Hugo dont l’œuvre graphique se réduit dans les dernières années de sa vie.

Auteur de la notice : Gérard Audinet