Votre visite avec… Vassili Pétrovitch Botkine le 27 juillet 1835

Hugo sortit, la porte du salon se referma et je pus contempler à loisir le logis du célèbre écrivain. On voyait partout des marques d’une passion pour l’architecture du Moyen Age. Au mur pendaient de beaux dessins représentant la cathédrale d’Anvers, une vue éloignée du clocher de Strasbourg, une vue partielle de Paris avec la tour gothique Saint-Jacques de la Boucherie, le portrait d’un général en uniforme du temps de la Révolution, probablement le portrait de son père. Le long du mur, il y avait un superbe divan de bois sculpté à jour, œuvre du XVIe ou XVIIe siècle ; à gauche, un sofa à baldaquin en damas framboise, du temps de Louis XIII ou de Louis XIV ; devant lui, un piano. La pièce, toute couverte de tentures framboise, est très haute ; la porte du cabinet était ouverte* : il n’est pas grand, de nombreux tableaux sont accrochés aux murs ; sur la table, au centre, il y a beaucoup de livres et de papiers. Je voyais le cabinet de loin, jugeant incorrect d’y entrer.* D’après la plus part des témoignages le cabinet était situé au fond de l’appartement et donc invisible depuis le grand salon.