William Francis Butler

Officier de l'Armée Britannique ayant servi en Birmanie, William Francis Butler est transféré à Guernesey en 1866. La lecture des Misérables suscite en lui un intérêt pour la langue française qu’il décide d’apprendre auprès de l’exilé Hennet de Kesler. C’est par son intermédiaire qu’il rencontre Victor Hugo en octobre 1866 à Hauteville House. Des déjeuners aux balades sur le chemin côtier menant à Fermain Bay, l’officier et le poète entretiennent une relation qui dure jusqu'au départ de Butler pour l'Irlande en mars 1867.

Lors des repas avec le proscrit, William Butler est impressionné par l'élocution de Victor Hugo. Même si l'officier a « des difficultés à [le] comprendre », il est frappé « par l'extraordinaire sonorité de sa voix, ses modulations, (…). [qui semble] évoluer à travers les mots comme les doigts d'un musicien savent dompter la variété des notes de musique. » Il évoque également son humour et son inclination à la « raillerie » tout en restant « grave et sérieux ».

La description du look-out par Butler reste comme un des rares témoignages connu à ce jour : « Vous montiez dans son atelier-chambre par ce qui ressemblait à une échelle: la moitié de la pièce était vitrée, et la vue était magnifique. (…). Le lit était un petit châlit, avec une table d'un côté et un petit bureau à tiroirs de l'autre avec plumes, encre et papier toujours à portée (…). Alors pouvait commencer le travail sur une large table surélevée dans l'alcôve vitrée située à quelques mètres du pied du lit. (...) Lorsque le travail d'écriture était fini (…) de nombreuses feuilles étaient éparpillées sur le sol et prêtes à être rangées dans le secrétaire. Il appelait sa table d'écriture son 'banc de charpentier', et ses feuilles tombées de celui-ci ses 'copeaux'. (…) Ici furent écrits Les Misérables, Les Travailleurs de la Mer, et de nombreux volumes de poésie. Au sein des quelques choses qui ont survécu à l'abandon j'ai réussi à garder en ma possession quelques-uns de ses 'copeaux' tombés de son 'banc de charpentier', qu'il me donna en souvenir de notre amitié."

Crédit photographique : © William Butler: An Autobiography. New York 1911.